Calendrier de l’Avent – Première partie

Le bois crépite à mesure que le feu s’empare du chalet.

Le visage déformé par la colère, je contemple l’étendue de ma rage. Je pourrais presque entendre les cris des pauvres humains pris au piège au sein de la maison.

Je laisse l’air frais s’infiltrer dans mes poumons et ferme les yeux. Autour de moi, le calme règne. Pas un bruit ne vient déranger cette douce mélodie de flammes qui dansent joyeusement sur les murs affaiblis de la demeure.

Un courant d’air me rappelle que je ne suis pas seule. Mon père m’observe sûrement, de là-haut. Sa couardise l’incite à ne pas se montrer pour empêcher le mal qui m’habite de se propager.

Mais elle l’empêche surtout de me dénoncer.

— Déesse Circée.

Je tourne distraitement la tête vers mon fidèle serviteur, cet humain que j’ai sauvé une fois de la noyade, il y a deux millénaires de cela. J’étais une tout autre personne, avant.

Toki m’observe avec ses grands yeux noisette. Une mèche rebelle tombe sur son front et lui obscurcit partiellement la vue. J’incline lentement la tête et l’invite à parler.

— Nous ne devrions pas rester. Les autorités ont sûrement été alertées par la fumée, il ne faudrait pas qu’il vous trouve ici.

Je reporte mon regard sur le feu qui continue d’engloutir inlassablement chaque parcelle de cette maison immense.

— Tu as raison, Toki.

Je lui souris. Cet homme ne m’a jamais trahi. Il a ployé le genou suite au sauvetage et m’a convenablement servi depuis lors. Avec le temps, il a même réussi l’exploit de devenir un ami.

Mon unique ami.

L’air se fait plus chaud et le feu commence à se répandre dans les bois alentour. S’il y a bien une chose que je n’aime pas, ce sont les incendies criminels. Il est hors de question que des hectares partent en fumée à cause de ma folie vengeresse.

D’un geste de la main, j’écarte les flammes des arbres et feuilles mortes et les ramène vers l’habitation. Je souffle au creux de celle-ci et ferme le poing.

Le crépitement cesse et le feu avec.

— Vos pouvoirs n’ont d’égaux que votre bonté, chantonne Toki, enchanté.

— Je le sais. Partons.

Au loin, je perçois la sirène du camion de pompiers se rapprocher. Je balaye du regard la scène d’horreur qui me fait face. L’odeur de la chair brûlée envahit aussitôt mes narines, mais je sais que je suis la seule à la sentir.

L’odorat des humains n’est pas aussi affûté que le mien.

Je baisse les yeux et croise ceux de mon fidèle compagnon de route.

Toki s’incline rapidement et ramasse ma lance bien incrustée dans le sol. Tout sourire, il se rapproche de moi jusqu’à frôler ma longue chevelure bleue tressée et nous disparaissons dans l’obscurité.

 

***

 

— Où étais-tu passée?

Les bras croisés, Salomon me fixe. Ses yeux sont mouillés, comme s’il pleurait quelques instants plus tôt.

— Ça fait des jours que j’attends de tes nouvelles. Que je te cherche.

Il passe la manche de sa chemise sous son nez. Je réprime une grimace.

— Parle! continue-t-il en se rapprochant de moi.

Il est dans un état lamentable. Ses cheveux sont en bataille et ses prunelles, autrefois rieuses et étincelantes, sont ternes et tristes.

Et ce, par ma faute.

— Je suis de retour, n’est-ce pas là l’important?

Les sourcils froncés, il m’observe sans ciller. Je sais qu’il veut que je lui en dise plus, mais c’est impossible.

— Que suis-je pour toi, Circée? Un jouet dont tu peux disposer comme bon te semble?

Devant mon silence prolongé, il reprend :

— M’aimes-tu seulement, Circée?

Le langage corporel ne trompe jamais : il m’aime, je peux le parier. Après cinq ans de relation, je ne peux malheureusement pas en dire autant.

— Circée?

Je laisse échapper un soupir. S’il connaissait ma véritable nature, il ne se risquerait pas à être dans la même pièce que moi.

— Si tu n’as rien à dire, commence-t-il en se dirigeant vers le canapé.

Je remarque qu’une valise attend dans le coin. Il a l’air déterminé, aujourd’hui.

—… je partirai. Et pour de bon, cette fois-ci.

Mes yeux jonglent entre son visage innocent et ses bagages.

— Je…

 

Circée va-t-elle tout lui révéler, et risquer de le perdre?

Choix vert : Circée se confie et lui révèle sa véritable forme.

Choix blanc : Circée, prise de colère, le téléporte sur un bûcher.

Choix rouge : Circée l’ignore et le laisse partir.

Choix doré : Circée lui ment.


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